Roubaud
Par Alice, samedi 28 février 2026 à 23:48 :: 2026
H. est parti voir sa mère avec les enfants (je me suis engagée à l'accompagner le plus souvent possible car y aller seul le déprime, mais comme il y a les enfants je me suis désistée).
Je me suis lancée dans le ménage en continuant à écouter Jacques Roubaud. Il évoque beaucoup la mémoire, avec l'idée qu'on se souvient de ce dont on s'est souvenu: j'écris ce dont je me souviens, je le relis, je me souviens de ce que j'ai écrit (et non plus des faits, si tant est qu'on se souvienne jamais des faits).
Je me sens plus proche de la vision de Nabokov: une fois que j'ai écrit, j'oublie ce que j'ai écrit, car je suis déchargé de la charge de me souvenir: je saurai où retrouver mon souvenir.
Roubaud se plaint (ou regrette, ou constate) qu'il perd la mémoire en vieillissant. Il donne l'âge de soixante, soixante-cinq ans, ce qui me paraît encore jeune. A un moment il parle «d'anesthésies qui lui ont lessivé le cerveau» et je comprends mieux.
Je découvre avec ravissement que dans Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, il parle du glacier Raimo. Peut-être y organiser une réunion amicale des anciens des jeudis de l'Oulipo?
Je lave et j'astique. Il est clair que je ferai pas tout ce que j'avais prévu. Mais c'est déjà mieux. L'aspirateur n'aspire plus rien. Il faudra le changer. Aurai-je la patience d'attendre d'avoir utilisé l'ensemble des sacs aspirateur achetés d'avance? (c'est mon côté paysan: consommer ce qui est acheté.)
Le soir j'emmène Martial au restau mexicain à Fontainebleau. Il poursuit des études de journaliste à Lille et me raconte ses expériences, par exemple faire une intervention de cinq minutes sur un sujet qui demanderait douze heures. Je suis surprise des stages qu'il décroche, dans de grands groupes télévisés. Je ris: «En fait, le stagiaire BFM, c'est toi».
Nous rentrons. H. nous annonce: «c'est la guerre».
Je me suis lancée dans le ménage en continuant à écouter Jacques Roubaud. Il évoque beaucoup la mémoire, avec l'idée qu'on se souvient de ce dont on s'est souvenu: j'écris ce dont je me souviens, je le relis, je me souviens de ce que j'ai écrit (et non plus des faits, si tant est qu'on se souvienne jamais des faits).
Je me sens plus proche de la vision de Nabokov: une fois que j'ai écrit, j'oublie ce que j'ai écrit, car je suis déchargé de la charge de me souvenir: je saurai où retrouver mon souvenir.
Roubaud se plaint (ou regrette, ou constate) qu'il perd la mémoire en vieillissant. Il donne l'âge de soixante, soixante-cinq ans, ce qui me paraît encore jeune. A un moment il parle «d'anesthésies qui lui ont lessivé le cerveau» et je comprends mieux.
Je découvre avec ravissement que dans Ode à la ligne 29 des autobus parisiens, il parle du glacier Raimo. Peut-être y organiser une réunion amicale des anciens des jeudis de l'Oulipo?
Je lave et j'astique. Il est clair que je ferai pas tout ce que j'avais prévu. Mais c'est déjà mieux. L'aspirateur n'aspire plus rien. Il faudra le changer. Aurai-je la patience d'attendre d'avoir utilisé l'ensemble des sacs aspirateur achetés d'avance? (c'est mon côté paysan: consommer ce qui est acheté.)
Le soir j'emmène Martial au restau mexicain à Fontainebleau. Il poursuit des études de journaliste à Lille et me raconte ses expériences, par exemple faire une intervention de cinq minutes sur un sujet qui demanderait douze heures. Je suis surprise des stages qu'il décroche, dans de grands groupes télévisés. Je ris: «En fait, le stagiaire BFM, c'est toi».
Nous rentrons. H. nous annonce: «c'est la guerre».


