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AG 5 - CDOS

Encore une AG, mais non plus entre clubs de planeur de la région, mais entre clubs de sports de toute nature du département. Beaucoup de messieurs habillés en gris avec des cheveux blancs. Je suis invitée (par mon président qui veut que je le remplace à la fin de "l'olympiade." J'aime ce nom d'olympiade).
Je démêle tant bien que mal les présents: les agents territoriaux ou d'Etat (département, éducation nationale), les élus politiques, les élus de clubs et les salariés du comité. Il y a ceux qui gèrent, ceux qui demandent des subventions et ceux qui les distribuent. Je murmure à mon voisin «en fait, nous sommes tous concurrents dans cette salle».

Le cabinet de commissaire aux comptes qui valide les comptes du comité est en train de fusionner avec un cabinet plus gros: «pour prendre en compte les conséquences de l'IA, nous avions besoin d'intégrer une structure plus grande» et je pense que la compta et l'analyse de comptes vont effectivement être mangées par l'IA.

Ça parle de subventions à la baisse (à quoi H. commentera: «tu ne te rends pas compte, il y a quinze ans, c'était une telle gabegie»), de diminution des bénévoles: «quand la génération des boomers aura disparu, nous irons droit vers la privatisation du sport. On y est déjà»). Tous ces gens sont pessimistes. J'ai davantage confiance en la jeunesse (comprendre: plus jeunes que moi). Je ne pense pas que le bénévolat et l'engagement disparaîtront. Ils prendront d'autres formes, nos successeurs inventeront autre chose.

En discutant à la fin de l'AG, je comprends (enfin) une évolution majeure de la société: ma vision du sport — perfection technique et compétition — n'est plus du tout ce qui intéresse les pouvoirs publics. Il faut "bouger" pour être en bonne santé. Il faut "s'hydrater" pour être en bonne santé. Il faut "manger moins" pour être en bonne santé. Bref, il faut faire baisser les coûts de l'Assurance maladie.
Tout cela manque de joie. Ça ne pétille pas beaucoup, Kevin.


Il fait froid. Les arbres sont verts avec dix jours d'avance. Belle journée de planeur, mais AG ou voler, il faut choisir.

AG 4 - Comité régional

AG à Gentilly. Il fait beau. Je roule décapotée en continuant Gombrowicz.

AG du comité régional qui regroupe les comités départementaux d'Ile-de-France (cf l'AG du 10 janvier) dans les locaux neufs du CROS (comité régional olympique et sportif). On me raconte que les anciens étaient piteux.

Exposé de l'année dernière, projets de l'année à venir. Je connais le nom des clubs de la région mais j'ai du mal à les situer géographiquement. Dans l'ensemble c'est sympa et angoissé. Comme tous les responsables, ils sont inquiets pour leur club, pour leur activité. Il faut des adhérents pour intéresser les pouvoirs publics et leur nombre baisse. Une piste semble être l'e-planeur: possible l'hiver, écolo, faisant partie de l'e-sport.

Nous déjeunons dans un excellent restaurant marocain avenue Lénine. Je pense à Roubaud qui expliquait que nous sommes l'un des rares pays à avoir gardé une station de métro Stalingrad.
Je m'étouffe en découvrant l'ancien nom de la rue.




Elections municipales. Ouf, l'ancien maire (non élu en 2022) qui briguait un septième mandat n'est pas passé au premier tour comme il était persuadé que ce serait le cas.
Le candidat dont je suis mandataire financiaire est arrivé second dans une élection à six candidats.

AG 3 - Soutien moral

Le trésorier du club a démissionné. J'ai été élue à sa place.

Commentaire d'un pilote médecin en prison : «Si tu vas à Fresnes, ne t'inquiète pas, je serai là».

Le président du club a préparé la meilleure des sauces gribiche.

AG 2 - tai chi

Une AG où je ne suis pas membre du bureau, ça me change.
Galette. Il paraît que je suis la seule des nouveaux à être venue.

En quittant la salle, je trouve un flyer sur la fondation Claudia Cardinale. Je n'arrive pas vraiment à me remettre du fait qu'elle vivait si près de chez moi et que je ne le savais pas.

Quand je rentre, le premier canapé retapissé est là. Le motif à grosses fleurs grand-mère égaie notre intérieur métallique. Pari risqué — et gagné.

AG 1 -Coulommiers

AG d'association concernant le planeur à Coulommiers. Je pars à 9 heures, traverse des pans de forêts, la tempête a fait tomber beaucoup d'arbres.

J'écoute France Musique, les sagas musicales. Ça parle de Strauss, des Strauss, de l'opéra de Vienne, de Mahler, de la seconde école de Vienne. Je ne savais pas que Mahler s'était converti au catholicisme. En 1907 l'antisémitisme était déjà violent. Quelle engeance.
J'aime beaucoup la phrase de Mahler à propos de Schönberg, qui dit à peu près: «je ne comprends pas tout, je suis trop vieux pour cette musique, mais il doit avoir raison, il est jeune, il est l'avenir». C'est ce que je me dis souvent à propos de beaucoup de choses: «je ne comprends pas, mais je suis encroûtée dans des habitudes, c'est sans doute l'avenir».

Ambiance sympa durant l'AG même si tout le côté politique me terrifie (la raison d'être de cette association est de récupérer des subventions, donc il faut connaître ceux qui font la pluie et le beau temps au niveau du département), c'est tout ce que je déteste: sourire et monter des dossiers pour récupérer du pognon.
Repas dans une pizzeria planqué entre des pavillons de banlieue (mais que fait-il là? La Cabana 40 rue de Varennes). C'est sans prétention et la cuisine est soignée. Retour au club, remontage d'un planeur dans un froid glacial puis galette. Je rentre.

Ecritures

C'est le week-end. Je suis en retard pour tout. J'ai une AG demain et, puisque je suis trésorière, un adhérent me harcèle pour avoir le journal des écritures. Au début je le lui aurais spontanément donné (transparence quand tu nous tiens) mais il a tant insisté de façon si désagréable que je finis par trouver cela bizarre: de toute ma vie associative — qui remonte à mes douze ans — je n'ai jamais rencontré d'AG où l'on distribuait l'ensemble des écritures.

Bref, j'ai fini par lui répondre que je les amenais demain et qu'il pourrait les feuilleter sur place.

Maintenant il faut que je les imprime.

AG de l'association des amis de Cerisy

Je crois bien y être allée avant tout pour voir la bibliothèque de l'Arsenal (las, point de photo, plus de batterie, pas assez de lumière).
(Mais aussi, je m'en suis avisée mélancoliquement, parce que toujours j'attends et j'espère: je n'arrive pas à croire que je suis la seule à m'intéresser à Cerisy, Coutances, à Joyce, à Proust,… Que sont mes amis devenus, mes professeurs, mes camarades de classe… Vraiment, je ne croiserai jamais personne venu du passé? Et pourquoi attendre cela, alors que je m'entendais si mal avec eux? au nom de la littérature, au nom du désir, au nom du désir d'avoir la preuve que tout cela n'était pas qu'illusion, pas que snobisme et prétention, que pour quelques-uns, au moins, c'était sérieux, important, engageant… (C'est ridicule, quel pourcentage de chances de croiser au hasard des gens si longtemps après dans des lieux aussi spécialisés? — Mais justement, parce que ce sont des lieux spécialisés…)). Mais bon.

Je vous laisse découvrir le programme ici. Kafka m'intéresserait, mais hélas… ni temps ni argent. Une amie, blogueuse par ailleurs, intervient dans le colloque Poésie et politique au XXe siècle (et donc je vous le recommande chaleureusement).

Rapport moral, rapport financier. La Poste, la SNCF, la RATP ont regagné un ou deux points dans mon estime (ce qui ne les fait pas monter bien haut) car ils participent au financement de Cerisy via un "Cercle des Partenaires". (La BNP devrait bien en faire autant pour ses péchés.)

Histoire drôle pour terminer: impossible de mener des travaux à Cerisy sans avoir l'accord des Monuments historiques. Après des décennies d'expérience, cela se passe plutôt bien. Cette année est parue une nouvelle procédure dans le cadre de la simplification des rapports avec l'administration. Accord suspensif donc lorsque l'association demande l'autorisation de remplacer la porte des Escures (anciennes écuries transformées en chambres doubles (auxquelles je dois la connaissance d'Elisabeth)) par une porte identique: il faut… un permis de construire.
L'épais dossier est constitué. Réponse de l'administration: vous êtes une personne morale, il nous faut… un plan d'architecte. Qu'à cela ne tienne, Cerisy avait un architecte sous la main (en train de travailler au projet d'aménagement d'une salle accessible aux handicapés). L'architecte fit un beau dessin, le dossier retourna à l'administration concernée… où il attend encore.
La porte sera-t-elle remplacée avant l'été?

AG de l'Association des amis de Cerisy

Elle avait lieu ce soir, dans la salle des commissions de la Bibliothèque nationale. Ce lieu était l'un des motifs de ma venue, et j'ai eu raison, car l'année prochaine la salle sera en travaux.

Rapport moral, rapport financier. Cette année l'association est en déficit de 50000 euros, après trois ans d'excédents. Ce déficit correspond peu ou prou à l'arrêt brutal en 2008 des subventions de l'Etat aux emplois aidés. «Or, continue le trésorier, avec la hausse brutale du chômage, les exonérations de charges sont de nouveau à l'ordre du jour, nous espérons donc que de ce point de vue, l'année prochaine sera meilleure.»

Les colloques de l'année sont présentés un par un. L'association est inquiète: quelles conséquences aura la crise? Les gens vont-ils rester en France et venir à Cerisy, ou faire des économies tous azimuts et ne pas s'inscrire? Nous sommes invités à faire de la publicité. (Dans un sens c'est cher. Dans l'autre... une semaine ou dix jours logés et nourris (abondamment), dans la campagne la plus calme, l'air le plus propre, parmi des gens passionnants et passionnés... c'est beaucoup mieux qu'une semaine au club Med).
Si je pouvais je suivrais le colloque sur Mauss, celui sur la jeunesse, celui sur Rilke, et sur Coutances, et sur la grammaire.
Avis aux étudiants: ce colloque-là est subventionné généreusement, renseignez-vous auprès des organisateurs.

En sortant je contemple la statue de Jean-Paul Sartre dans la cour, puis je rejoins les Halles par le Palais Royal.


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