Nuit difficile : la VMC fait un bruit d'enfer et si l'on ouvre la fenêtre, le compresseur du voisin (mais que fait-il avec des bouteilles de gaz d'un mètre quatre-vingt?) lui fait écho. Je mets deux boules quiès et je dors en regrettant le silence que j'avais imaginé ici.

Nous avons décidé de rouler un maximum aujourd'hui pour être tranquilles demain. Autoroute pour dépasser Grenoble, puis routes de montagne, de nouveau Higelin, je nomme mes photos — activité futile et inutile puisque j'ai découvert que la recherche dans mes fichiers se fait désormais sur le contenu des photos indépendamment de leur titre: si je tape "papillon", je vois non seulement remonter toutes les photos contenant un papillon, mais aussi une photo de Delon en nœud papillon, entouré de Paul Newman et Marlon Brandon.
Mais j'aime bien. Donner un titre à chaque photo permet de choisir celles que j'envoie rejoindre mon bric-à-brac de témoignages sur l'époque et souvenirs plus personnels. Je supprime les autres.

Conversations diverses, cours sur la PAC (pompe à chaleur) dont H. est un fervent défenseur: «tu vois, un radiateur, tu chauffes une résistance et tu disperses l'énergie. Chauffer, ça coûte. Alors qu'avec une PAC, tu échanges des calories: tu les prends à un endroit pour les mettre à un autre. Tu échanges, tu ne crées pas. C'est beaucoup moins coûteux en énergie; le rendement est bien meilleur.»
Pourquoi pas, mais la PAC de nos voisins fait du bruit la nuit.

Déjeuner à Aspres-sur-Buëch «Chez les papa's» (je recommande) où nous découvrons les ravioles frites de Champsaur. Le restaurant vient de rouvrir, c'est un beau projet et un pari un peu fou. Encore un morceau d'autoroute (champêtre, très peu autoroute) au niveau de Sisteron avant de sortir vers Forcalquier. La Durance est haute, plus haute que dans mon souvenir du printemps, et la végétation étonnamment verte.

Arrivée à l'hôtel vers quatre heures. Sieste et farniente, sentiment étrange d'avoir le temps — de n'avoir rien à faire — ça n'arrive jamais. Repas sur place, pieds dans la piscine trop froide pour se baigner («pas Bretagne froid, c'est juste le contraste»). Je m'installe sur un transat, j'y reste jusqu'à la nuit, jusqu'aux premiers moustiques.

Je consulte Wikipedia pour avoir la liste des albums d'Higelin. Pas trace du disque blanc, vinyles blancs de lait prêtés par Jacqueline circa 1987. J'apprends avec effroi la maladie dont il est mort, un mélange démoniaque de Parkinson et Alzheimer.

J'ai quatre cartes à écrire, par qui commençé-je?