Une basilique et un monastère
Par Alice, lundi 4 août 2025 à 22:18 :: 2025
10:01. C'est ce qu'indique mon téléphone quand j'ouvre les yeux. Je ne les crois pas, d'ailleurs: est-il possible que mon téléphone se trompe? est-il possible qu'il y ait un bug? Où puis-je confirmer cette information incroyable? Je secoue H. «Debout, il est dix heures, on ne va plus pouvoir petit déjeuner». Je ne sais plus quelle est la dernière fois où nous nous sommes réveillés si tard. Nos grasses mat' atteignent péniblement neuf heures une ou deux fois par an. Organismes calés sur les horaires de boulot.
Délicieux petit déjeuner (servi jusqu'à dix heures, mais nous sommes accueillis avec le sourire), moins de variété (pas d'omelette à base de poudre ou de salade de fruits issue de conserve) mais des produits frais (des abricots mûrs, enfin!) et des recettes maison, cakes et marmelades. Plus tard, une serveuse paraîtra soulagée d'entendre nos compliments: «ça fait plaisir, des clients nous reprochent de ne pas avoir assez de choix».
Je ne comprends pas les gens, numéro trente-quatre mille deux cent cinquante-six.
Pour info, c'est gay friendly, renseignement sans doute intéressant à Paray-le-Monial.
En route pour la basilique. C'est bizarre, je ne reconnais rien, la topographie n'est pas la bonne: où sont les vallons, la montagne?
Il me faudra un petit moment pour comprendre que lorsque H. a dit «Paray-le-Monial», j'ai visualisé Vézelay. Il y avait quelque chose qui ne collait pas, le nom de l'église ne correspondait pas — mais c'était une gêne inconsciente, indéfinie. Ce n'est que sur place que j'ai compris: le nom aurait dû être Marie-Madeleine.
Bref, je suis à Paray-le-Monial, entre déception (je voulais cette fois prendre le temps d'une visite guidée de Vézelay) et curiosité (je ne suis jamais venue à Paray-le-Monial). Je pense que ce qui m'a trompée, c'est de partir de Bourges et non de Paris. Tous mes repères sont faux de deux cents kilomètres trop au nord.
Qu'à cela ne tienne. Visite de la ville en attendant la fin de la messe. Nous avons l'œil critique de visiteurs à la recherche d'idées pour leur propre ville (les élections municipales ne sont pas loin). Nous sommes impressionnés par un raffinement de détails comme des panneaux cloués au sol à l'horizontale (eau non potable, interdit de monter sur la balustrade) et non à la verticale sur un poteau, des boîtes aux lettres basses pour ne pas dépasser des murets, d'immenses jeux d'enfants à l'ombre — et de façon générale par la gestion de l'afflux des pélerins (en même temps, il est plus facile de gérer des cathos en pélerinage que les participants d'une rave party). Nous contemplons les places (qu'est-ce qu'une place sans fontaine?), le pavage, la propreté. Je me rends compte que la saleté de mon quartier parisien me pèse, je m'extasie devant la moindre rue nette. Plus tard je vérifierai le nom du maire: un LR bien LR, contre le mariage gay, à l'origine de plusieurs scandales de crèches en mairie. Mais enfin, maire de Paray-le-Monial, what did you expect?
Visite de l'église, aussi sobre à l'intérieur qu'à l'extérieur. Si vous le souhaitez, vous pouvez participer au finacement de l'orgue.
Pas de repas, petit déjeuner trop tardif, mais ce genre de décision innocente pour tous a des conséquences pour un diabétique. Direction le monastère de Brou, traversée de la Bourgogne puis de la vallée du Rhône. Cette destination aurait dû entrainer une visite à ma sœur (je ne suis pas allée chez elle depuis vingt-cinq ans — elle est venue chez moi il y a vingt ans) mais elle n'est pas chez elle.
Nous visitons le monastère de Brou pressés par le temps car nous avons cru comprendre qu'il fermait ses portes à 17h30; en réalité nous aurions pu rester une demi-heure de plus. Je suis tombée amoureuse de Marguerite d'Autriche (quelle femme! quel destin!); je regrette de ne pas avoir photographié son arbre généaloqique (c'était compliqué: un mur entier, il fallait du recul, il y avait des visiteurs).
En revanche, avec malice et en songeant à un certain nombre d'amis, j'ai photographié les sculptures disposées dans le cloître et leur présentation (LTM, Lingua Tertii Millennii).

Une exposition présente une série de peintures hollandaises sur Dymphne, une sainte dont je n'avais jamais entendu parler. Elle est une source du conte Peau d'Âne dont je me rends compte que j'avais occulté la dimension incestueuse du début — sans doute parce que j'ai entendu le conte bien avant d'avoir une notion de sexualité.
Nous réservons pour le soir une chambre à Dolomieu, loin des axes fréquentés.
Délicieux petit déjeuner (servi jusqu'à dix heures, mais nous sommes accueillis avec le sourire), moins de variété (pas d'omelette à base de poudre ou de salade de fruits issue de conserve) mais des produits frais (des abricots mûrs, enfin!) et des recettes maison, cakes et marmelades. Plus tard, une serveuse paraîtra soulagée d'entendre nos compliments: «ça fait plaisir, des clients nous reprochent de ne pas avoir assez de choix».
Je ne comprends pas les gens, numéro trente-quatre mille deux cent cinquante-six.
Pour info, c'est gay friendly, renseignement sans doute intéressant à Paray-le-Monial.
En route pour la basilique. C'est bizarre, je ne reconnais rien, la topographie n'est pas la bonne: où sont les vallons, la montagne?
Il me faudra un petit moment pour comprendre que lorsque H. a dit «Paray-le-Monial», j'ai visualisé Vézelay. Il y avait quelque chose qui ne collait pas, le nom de l'église ne correspondait pas — mais c'était une gêne inconsciente, indéfinie. Ce n'est que sur place que j'ai compris: le nom aurait dû être Marie-Madeleine.
Bref, je suis à Paray-le-Monial, entre déception (je voulais cette fois prendre le temps d'une visite guidée de Vézelay) et curiosité (je ne suis jamais venue à Paray-le-Monial). Je pense que ce qui m'a trompée, c'est de partir de Bourges et non de Paris. Tous mes repères sont faux de deux cents kilomètres trop au nord.
Qu'à cela ne tienne. Visite de la ville en attendant la fin de la messe. Nous avons l'œil critique de visiteurs à la recherche d'idées pour leur propre ville (les élections municipales ne sont pas loin). Nous sommes impressionnés par un raffinement de détails comme des panneaux cloués au sol à l'horizontale (eau non potable, interdit de monter sur la balustrade) et non à la verticale sur un poteau, des boîtes aux lettres basses pour ne pas dépasser des murets, d'immenses jeux d'enfants à l'ombre — et de façon générale par la gestion de l'afflux des pélerins (en même temps, il est plus facile de gérer des cathos en pélerinage que les participants d'une rave party). Nous contemplons les places (qu'est-ce qu'une place sans fontaine?), le pavage, la propreté. Je me rends compte que la saleté de mon quartier parisien me pèse, je m'extasie devant la moindre rue nette. Plus tard je vérifierai le nom du maire: un LR bien LR, contre le mariage gay, à l'origine de plusieurs scandales de crèches en mairie. Mais enfin, maire de Paray-le-Monial, what did you expect?
Visite de l'église, aussi sobre à l'intérieur qu'à l'extérieur. Si vous le souhaitez, vous pouvez participer au finacement de l'orgue.
Pas de repas, petit déjeuner trop tardif, mais ce genre de décision innocente pour tous a des conséquences pour un diabétique. Direction le monastère de Brou, traversée de la Bourgogne puis de la vallée du Rhône. Cette destination aurait dû entrainer une visite à ma sœur (je ne suis pas allée chez elle depuis vingt-cinq ans — elle est venue chez moi il y a vingt ans) mais elle n'est pas chez elle.
Nous visitons le monastère de Brou pressés par le temps car nous avons cru comprendre qu'il fermait ses portes à 17h30; en réalité nous aurions pu rester une demi-heure de plus. Je suis tombée amoureuse de Marguerite d'Autriche (quelle femme! quel destin!); je regrette de ne pas avoir photographié son arbre généaloqique (c'était compliqué: un mur entier, il fallait du recul, il y avait des visiteurs).
En revanche, avec malice et en songeant à un certain nombre d'amis, j'ai photographié les sculptures disposées dans le cloître et leur présentation (LTM, Lingua Tertii Millennii).



Une exposition présente une série de peintures hollandaises sur Dymphne, une sainte dont je n'avais jamais entendu parler. Elle est une source du conte Peau d'Âne dont je me rends compte que j'avais occulté la dimension incestueuse du début — sans doute parce que j'ai entendu le conte bien avant d'avoir une notion de sexualité.
Nous réservons pour le soir une chambre à Dolomieu, loin des axes fréquentés.